Vous rendez bien le coté féérique de cet évènement surtout pour les enfants. Je le ressens encore maintenant. j'étais un peu bébé (7 ans) ce qui me handicapait pour galoper derrière les camions et récupérer les friandises cependant j'avais un trophée envié de mes camarades, un petit drapeau qu'un GI avait décousu pour moi de sa manche il était un peu délavé car ma mère dans une rage desinfectante injustifiée l'avait passé à la javel. (Jean-Jacques)

J'étais à l'école maternelle, au dos de l'école Paul Bert et les Américains occupaient le bâtiment de "la Bel-Abbésienne."Depuis les fenêtres , ils nous appelaient, pendant la récréation. Les "maîtresses" laissaient deux ou trois d'entre nous traverser la rue et nous récupérions bonbons et chewing- gums que nous partgions avec les copains. Je devais avoir 5 ans ou 6 ans. Je m'en souviens vaguement.Ces Américains venaient aussi dans le faubourg, à la glacière Municipale, pour acheter des barres de glace. Nous étions tous là comme une nuée de moineaux, attendant les bonbons. Pendant des années nous ne cessions de répéter les quelques mots ou expressions que ces militaires utilisaient quand ils s"adressaient à nous. Hello! Good bye! Come on boy! salababèche! ( un juron). Gélaréhé! (dégagez!)Nous savions compter jusqu'à 10. Ces hommes seuls regardaient aussi les jeunes filles ou adolescentes et comme elles parlaient espagnol, ils les appelaient toutes :"Maragarita!" Mais ils leur disaient aussi: "Fucki? Fucki Margarita?". Nous comprimes plus tard le sens de cette invitation.

Accueil / Index thématique / page précédente
Les Americains à Sidi-bel-Abbès 2/2
Souvenirs collectifs de Sidi-bel-Abbes

Cette expression fut adoptée et nous l'utilisâmes toujours pour plaisanter.elle était devenue"Facki? Facki ?Margarita?" Les adolecents Algériens qui trafiquaient avec eux, avec les paquets de cigarettes, connaissaient encore plus de vocabulaire que nous. En allant un jour me promener sur la route du Télagh, je trouvai sur le bas côté de la route un chapeau de brousse qu'ils avaient perdu . A la maison tout le monde l'appelait "le chapeau de Johnny" " Mets le chapeau de Johnny qu'il y a du soleil mon fils!" Après leur départ, ils laissèrent des vélos à eux, couleur kaki, très costauds. Mon voisin en avait un et nous le regardions tous avec admiration. (Manuel)

il me revient un détail, américain également, concernant notre ville. Le 8 novembre 1942, en même temps que le débarquement se poursuivait, une unité spéciale procédait à la mise en place de panneaux indicateurs envoyant les troupes vers " SIDI BEL ", diminutif inédit, non retenu par l'Histoire.(Jacques)

Une nuit de l'été 1943, allongé sur une couverture dans la cour, je regardais le ciel. Pendant de longues minutes, combien je ne saurais le dire, le ciel était constellé de points lumineux blancs, rouges et verts qui se déplaçaient d'Ouest en Est dans un ordre parfait, avec un bruit de moteurs continu : un spectacle inoubliable. Ce n'étaient pas des OVNIS, mais des avions américains, cent, deux cents, peut-être plus, en convoi. Ils allaient du Maroc vers la Tunisie où il y avait toujours la guerre. Je n'avais pas encore sept ans (Jacques)